Accident à Plessisville : témoignage poignant d’une mère
« Mon réveil, cette nuit-là, c’est lui qui me l’a offert. [Il] m’a appelé, sa voix était calme, presque déconcertante ». Ce sont les mots avec lesquels débute Isabelle Grondin, mère d’un des adolescents se trouvant dans la voiture, pour raconter l’histoire de son fils et de ses amis au lendemain de l’accident à Plessisville ayant enlevé la vie d’un adolescent de 16 ans. Cinq personnes prenaient place dans le véhicule qui a percuté le mur du centre communautaire de Plessisville dans la nuit de vendredi à samedi. Le conducteur, un mineur de 17 ans, a été arrêté pour ce qui s'apparente à de la conduite avec les capacités affaiblies par l'alcool. […] je me dis que la vie ne tient parfois qu’à deux bancs devant soi. Elle explique, avec la délicatesse des mots d’une maman qui a eu peur de perdre son enfant, que son fils se trouvait à l'arrière de la voiture. Selon elle, les adolescents passaient une soirée Elle ajoute croire être une bonne mère, avoir fait de son mieux. Par sa publication, Mme Grondin a touché des centaines de personnes. En quelques heures, son message avait été partagé plus de 700 fois sur les réseaux sociaux. Les commentaires affluent aussi, partageant des messages d’amour et de soutien aux familles touchées par le drame. Isabelle Grondin raconte avoir vu beaucoup de choses pendant la nuit des événements. On s’en doute, de la peur, du désespoir, de l’inquiétude et probablement tellement plus. Cet élan de solidarité s’est aussi soudé entre les familles et les parents. Je pleurais de compassion et de gratitude. Elle pleurait de deuil. Et entre nos deux douleurs, il y avait ce silence, ce lien de mères qu’aucun mot ne peut vraiment expliquer. Malgré les émotions vives, Mme Grondin dit avoir pris le temps de mûrir ses propos avant de partager sa publication. Elle ajoute ne pas vouloir blâmer qui que ce soit, encore moins faire la morale d’une quelconque façon.C’est probablement celui qui s’en sort avec le moins de blessures visibles. Mais à l’intérieur… c’est une autre histoire. Ce qu’il a vécu, ce qu’il a vu, ce qu’il a entendu… il l’a vécu en pleine conscience. Il a compris, en quelques secondes, que tout basculerait, et qu’il n’y aurait pas de retour en arrière.
comme tant d’autres
.Et malgré tout ce qu’on leur enseigne, malgré les mises en garde, malgré toutes les conversations qu’on a avec eux, malgré les avertissements répétés de ne pas monter avec quelqu’un qui a bu, ou dont les facultés sont affaiblies, de suivre les règles de sécurité … malgré tout ça, ils prennent parfois des décisions qu’ils croient banales, sans imaginer une seconde qu’elles pourraient changer leur vie. Et la nôtre, en même temps.
Un élan de solidarité, malgré une tristesse inégalée
Mais j’ai aussi vu des élans d’humanité qui m’ont profondément touchée
, écrit-elle.J’ai vu des amis se soutenir, se serrer fort, s’allier dans le silence comme dans les pleurs. J’ai vu une solidarité qu’aucun adulte n’aurait pu forcer. J’ai vu l’amour, la fraternité, la beauté d’une jeunesse qui sait se tenir debout, même quand tout s’écroule autour d’elle. Elle est belle, la jeunesse.
Je pense à cette maman que j’ai croisée à l’hôpital, dans ce moment suspendu au milieu du chaos.
Cette maman, elle venait de perdre son enfant.« Parlez à vos enfants »
Dites-leur. Redites-leur. Même s’ils lèvent les yeux au ciel. Même s’ils vous disent que vous en faites trop. Même s’ils prétendent qu’ils sont responsables, qu’ils sont solides, qu’ils savent ce qu’ils font. Ne vous taisez pas. Parce qu’un jour, peut-être, juste une phrase que vous leur aurez dite, reviendra au bon moment… et pourra tout changer.
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